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Brouillard en vue à partir du 1er janvier
pour les amateurs de cigare (PAPIER GENERAL)

Par Pierre-Marie GIRAUD

PARIS, 27 nov 2007 (AFP)
Les fumeurs de cigare, qui se réunissent régulièrement autour d'un bon repas suivi des volutes bleutées d'un havane, s'inquiètent de l'application du décret interdisant de fumer dans tous les restaurants à partir du 1er janvier et cherchent des solutions alternatives.
Témoin de cette inquiétude, la prise de position mardi des "Amis des plaisirs du goût" qui ont dénoncé par la voix de leur président David Droulez "la tendance prohibitionniste qui s'installe en France".
Lors d'une conférence de presse à Paris, M. Droulez a appelé "à la mobilisation de tous pour défendre la liberté d'expression menacée au nom de la lutte contre le tabagisme".
Samedi soir, 700 gastronomes dégusteront au Pavillon Ledoyen à Paris (VIIIe) les plats préparés par le chef Christian Le Squer (trois étoiles) avant d'allumer quelques grands cigares cubains en harmonie avec les mets, lors de la 13e Nuit de l'Amateur de Cigare, organisée par la revue éponyme. Une 13e Nuit de l'Amateur de Cigare qui risque bien d'être la dernière, du moins sous sa forme actuelle, avec l'entrée en vigueur du décret le 1er janvier, selon plusieurs participants à ce dîner.
Et chacun de rappeler les soirées des années précédentes avec la participation de grands chefs comme Pierre Troisgros, Guy Savoy, Pierre Gagnaire ou Hélène Darroze. "Mais dura lex, sed lex (la loi est dure mais c'est la loi)", dit à l'AFP Annie Lorenzo, rédactrice en chef de l'Amateur de Cigare, qui "refuse de se mettre hors-la-loi".
Espérant sans trop y croire que "le décret soit un peu adouci", à l'image de l'Espagne où cohabitent restaurants fumeurs et non-fumeurs, Annie Lorenzo lâche : "personne n'a la solution pour le moment".
"Ce qui me préoccupe, ajoute-t-elle, c'est cette délation des fumeurs de cigares", rappelant que "le droit de réunion est garanti par la loi". Les "Amis des plaisirs et du goût" sont beaucoup plus catégoriques et mettent en cause les "incessantes attaques en justice menées par certaines associations" contre les clubs de cigare et de pipe et la presse spécialisée, "visant à instaurer l'interdiction de l'information, de l'expression et de l'échange autour des produits nobles du tabac".
En attendant le 1er janvier, les 150 clubs de cigare recensés en France tentent de s'organiser. Annie Vuillot, présidente de Cape & Volutes (Versailles, 25 membres), seul club féminin français, envisage de "privatiser" pour une soirée un restaurant ou de tenir la réunion mensuelle "chez l'une ou chez l'autre". Matthieu Deboeuf-Rouchon, responsable du Lounge Cigare Club (Levallois-Perret, 25 membres), reconnaît que "cela va être assez délicat car le problème n'est pas de privatiser un restaurant pour une soirée mais de trouver des serveurs qui accepteront de travailler".
Pour lui, le "seul moyen" consiste à se réunir sous les tentes extérieures des restaurants. "Pas question de tomber dans la clandestinité, assure Christian-Thierry Drevelle du Cognac Cigare Club (Cognac, 51 membres) : nous sommes des épicuriens, nous ne voulons pas devenir des parias".
Il songe à des soirées chez des particuliers pour les réunions du club. Quant au Biarritz Cigare Club (Bayonne, 25 membres), il a déjà trouvé la parade, selon son président Philippe Velle-Limonaire : "réunions de l'autre côté de la frontière dans un restaurant espagnol fumeur ou côté français dans des penas (clubs) en faisant nous-mêmes la cuisine". pmg/mpf/sh